Il faut que je vous dise la vérité.
Voilà 3 mois que je vous cache quelque chose, et là, je n'y tiens plus.
Cela fait deux ans et demi que Mari d'amour et moi essayons de donner un petit frère ou une petite soeur à notre Fiston chéri.
Deux ans et demi d'attente, de déceptions, de traitements, d'opérations, d'heures passées chez Dr Gygy, d'hormones ingurgitées, d'échecs et de tristesse.
Deux ans et demi, c'est très long. Même si je n'ai pas le droit de me plaindre quand je sais que des amies très proches attendent depuis bien plus longtemps et que leur parcours est semé d'embûches beaucoup plus difficiles à passer.
Néanmoins, quand j'ai appris, il y a maintenant 3 mois, que mon ventre s'était enfin remis en marche, j'ai cru que le sol s'ouvrait sous mes pieds.
Depuis, je ne touche pas terre. D'ailleurs je n'arrive toujours pas à y croire (même si j'ai déjà vu cette merveille d'enfant faire des galipettes dignes d'un champion de saut à l'élastique grâce à l'échographie).
Je suis encore sous le choc.
Mais depuis hier, je suis carrément abasourdie.
Ma grossesse s'annonce très délicate, "à risque" comme on dit chez les blouses blanches. Avec un gros point d'interrogation sur son devenir. Il se peut que tout aille bien jusqu'au bout comme il se peut que le pire arrive.
Voilà pourquoi, depuis hier, mon Gygy préféré m'a annoncé qu'à partir de tout de suite, il me fallait le repos total, le moins de mouvement possible, carrément l'immobilité ... et ce, jusqu'à la fin de la grossesse, soit, au moins 5 mois.
On ne peut pas dire que je sois une fille ultra dynamique au niveau musculaire (j'écris des bouquins pour les paresseuses quand même !!!) mais faire la planche pendant minimum 160 jours, c'est un truc dont je me serai bien passée.
Donc, c'est parti mon kiki, me voilà dans mon lit (avec l'autorisation d'aller faire pipi et ô, plaisir suprême, de prendre une douche).
Je vous dis pas l'organisation nécessaire, d'autant que le Fiston, lui, n'a pas du tout envie de rester couché sagement à côté de moi. Heureusement, j'ai une maman en or qui va m'aider au quotidien (je lui ferai élever une statut en granit rose dès que je pourrai retrouver la station debout), un mari chéri qui va retrousser ses manches, un frère très disponible et des tas d'amies prêtes à tout pour moi (surtout à m'alimenter en macarons multicolores).
Donc, on va pas pleurer dans les chaumières.
Je vais juste vivre au moins 5 mois avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et j'espère qu'elle restera bien accrochée là où elle est plutôt que de me fendre le crâne.
Dans les semaines à venir, je vois déjà se profiler les coups de blues, les fourmis dans les jambes, les envies de faire un 100 mètres (enfin là, faut pas exagérer).
Je m'autoriserai alors à vous faire part de tout ça, avec le secret espoir de récolter tout plein d'encouragements qui me réchaufferont le coeur.